Andy Warhol, avec sa série Sunset de 1972, a produit des sérigraphies commandées par les architectes Johnson & Burgee pour l'Hôtel Marquette de Minneapolis. En utilisant seulement trois écrans pour générer une extraordinaire variété de 632 variantes de couleurs uniques, Warhol a transformé un motif simple en une exploration de la couleur, de l'ambiance et de la répétition.
Andy Warhol a créé la série Sunset en 1972 pour l'hôtel Marquette de Johnson & Burgee à Minneapolis.
Commandée spécialement pour le Hotel Marquette, récemment rénové, Johnson & Burgee recherchait une œuvre d'art capable de définir l'atmosphère du bâtiment. Contrairement à un décor d'hôtel improvisé, \
La série « Sunset » comprend 632 sérigraphies uniques.

Plutôt qu'une édition classique faite de multiples numérotés, Sunset est une matrice de 632 combinaisons de couleurs singulières construites sur le même motif. L'échelle a permis à Warhol d'explorer comment les micro-changements de couleur modifient la perception et l'humeur. Cela mettait également en lumière son état d'esprit d'usine : une chaîne de production contrôlée qui générait de la variation sans sacrifier la cohérence de l'image, digne d'une marque. Sunset compte parmi les projets d'estampes les plus ambitieux de Warhol, l'artiste utilisant cette série comme un laboratoire de recherche sur le comportement de la couleur dans l'estampe.
Quatre cent soixante-douze estampes « Sunset » ont été installées à travers les intérieurs de l'Hôtel Marquette

La majorité des estampes ont été installées dans l'Hôtel Marquette, transformant les chambres, les halls et les couloirs en différentes scènes de la journée. Cette approche environnementale est au cœur de l'identité de l'œuvre, car « Sunset » a été conçue comme un schéma chromatique immersif pour l'architecture hôtelière au début des années 1970.
160 estampes de Sunset ont été réunies en 40 portfolios uniques de quatre.
Au-delà de l'installation hôtelière, l'atelier de Warhol a édité 40 portfolios, chacun contenant quatre schémas de couleurs différents. Ces ensembles regroupaient l'éventail des exemples du projet – tons chauds, tons froids, forts contrastes et dégradés doux – en portfolios compacts, adaptés aux galeries et aux collectionneurs. Aujourd'hui, les portfolios complets de Sunset sont considérés comme rares, recherchés pour présenter la thèse chromatique de Warhol sous la forme d'une mini-exposition cohérente qui reflète toujours les origines architecturales de la série.
Warhol n'a utilisé que trois écrans pour produire la série
Warhol n'a utilisé que trois écrans : un écran posé pour les bandes horizontales qui constituent le ciel et l'horizon ; un second qui imprimait le soleil circulaire ; et un troisième, un écran à points monochromes, qui introduisait un grain optique sur les larges aplats d'encre. Avec seulement ces trois plaques, Warhol a créé une richesse visuelle étonnante. En limitant ses outils, Warhol s'est assuré que l'image restait immédiatement reconnaissable, tout en permettant aux choix de couleurs de porter la charge expressive.
Ensuite, la « platitude » du soleil préserve l'esthétique du Pop Art.
Imprimé sur un papier tissé lisse, le cercle monochrome représentant le soleil conserve une « planéité » savamment étudiée, conçue pour que la couleur soit perçue comme une surface imprimée plutôt que comme un geste pictural. Cette décision s'aligne parfaitement sur l'adhésion du Pop Art aux procédés mécaniques et à l'esthétique de l'impression commerciale. En privilégiant une trame de points maîtrisée plutôt que la touche expressive, « Sunset » adhère à l'éthos fondamental du Pop, celui de l'imagerie sérielle et reproductible.
La variation provenait de l'encrage de différentes combinaisons et d'un repérage volontairement modifié.
L’équipe de Warhol manipulait la couleur non seulement en changeant les encres, mais aussi en ajustant le calage (l’alignement exact entre les écrans). De légers décalages épaississent le bord du soleil, révèlent des auréoles ou créent de fins horizons là où les bandes se rejoignent. Les quantités d’encre variaient de lavis translucides à des aplats saturés, si bien que des palettes identiques pouvaient paraître aériennes ou, au contraire, tonitruantes. Ces variations de production font partie intégrante du dialogue de Sunset, où l'altération est intentionnelle.
« Sunset » est un exemple de sérialisation chromatique dans l'art contemporain pop.
La sérialité (le fait de répéter une image fixe avec des variations contrôlées) est un classique du Pop Art. Sunset pousse cette logique de l'iconographie de célébrités vers l'imagerie naturelle. En utilisant la même image mais en produisant des centaines de systèmes météorologiques, Sunset relie le Pop aux préoccupations du color field et de l'Op Art, tout en conservant la sérialité caractéristique de Warhol.
Cette série marque un éloignement des images de célébrités chères à Warhol, au profit d'une exploration pure de la couleur.
Alors que les Marilyns et les Maos de Warhol reposent sur la célébrité et la médiatisation, la série « Sunset » ramène le sujet à une beauté naturelle fondamentale, recentrant l'attention sur la perception plutôt que sur le personnage. Pour les conservateurs, cette série équilibre l'œuvre de Warhol, démontrant comment son travail en estampe peut être contemplatif, environnemental et lyrique sans sacrifier la clarté pop.
La palette du coucher de soleil s'étend des harmonies familières rouge-orangé à des verts et des bleus inattendus.
Si de nombreuses estampes de la série conservent une palette naturelle de coucher de soleil avec des rouges profonds, des oranges et des jaunes, d'autres, comme Sunset FS II.85-88, adoptent des associations inattendues : turquoise clair, vert et beige encerclant un soleil jaune éclatant. Le contraste semble synthétique, les couleurs presque néon, illustrant comment le simple fait de modifier trois ou quatre encres peut transformer l'ambiance de l'estampe, passant du calme à l'électrique.

















